Tant de choses à te dire, tant de choses à te confesser
Tant d'années se sont passées depuis ma naissance, mon enfance, mes errances d'adolescence...mais surtout tant d'amour.
Depuis très longtemps on m'a toujours dit que j'avais de la chance d'avoir un père comme toi mais lorsqu'on est à l'étroit dans sa bulle on ne discerne pas toujours d'évidentes vérités.
Je ne suis pas toujours très bavard ou très expansif je te l'accorde et cet article que je te consacre n'a pas pour objet de m'accorder bonne conscience. Mon caractère si particulier me pousse certaines fois à déclarer mes sentiments mais aussi à m'enfermer au risque de les occulter naturellement ou presque...
La vie et ses étapes enseignent un certain nombre de leçons qui incident sur notre conception de l'amour au sens large. Le misérabilisme et la « victimisation » n'apportent rien de singulièrement authentique.
Voilà pourquoi l'enfant à fleur de peau que j'étais est devenu adulte.
Je n'ai pas manqué d'amour a tes cotés, a aucun moment.
Je garde à l'esprit tout ce que tu as fait pour moi et si j'arrive a donner autant au fils que j'aurai, je pourrai être fier de moi.
Tu m'as permis de me constituer des références culturelles au travers toutes les conférences post-spaghettis du soir que tu m'as offert. Certes à l'époque je préférais aller jouer dehors mais avec le recul c'était un cadeau et un privilège que tu m'offrais.
Tu me parlais d'amour, de la vague d'immigration italienne du début du siècle...
C'est grâce à tout cela que j'ai pu sans trop me « fatiguer » accomplir les études que je souhaitais. Tu m'as poussé à faire du sport. J'ai découvert le football grâce à toi.
Quand j'y songe tu m'emmenais aux entraînements et venais me récupérer sans relâche après le travail . Alors que moi aujourd'hui en rentrant à la maison après les cours j'ai envie de ronfler. C'est maintenant que je réalise tout.
Tous ces dimanches sur le bord du terrain que tu as passé à regarder mes matchs avec interet.
A la période de ma splendeur juvénile, ou je marquais buts sur buts...
un regard t'était adressé à chacun de mes exploits, je voyais que tu étais fier de moi, les manifestations de joie et d'orgueil sur ton visage se traduisaient de manière si limpide.
Quand à l'age de 13 ans tu as la chance de constater que tes faits et gestes sont capables de provoquer autant d'émotions chez ton père tu ne peux douter de l'amour que ce dernier te voue. C'était beau...c'est beau...ça sera beau.
Le genre d'amour intemporel qui conduit à un prolongement naturel.
Je me servirai de tout ça quand pour la première fois je prendrai mon fils dans mes bras, quand pour la première fois j'embrasserai ses petits doigts, quand pour toujours je ne m'en séparerai pas.



